A quoi ressemble la fatigue d’un burn-out

N’étant pas une professionnelle de la santé, tout ce que je vais écrire ici relève uniquement de mon expérience personnelle et ne peut pas servir à établir un diagnostic pour le lecteur ou la lectrice. Cela dit, cet article pourra peut-être aider tes proches à comprendre ce que tu vis. L’idée est de fournir ici des éléments concrets. Car quand on parle de fatigue il est difficile de se représenter clairement ce que cela veut dire.

Au moment où j’écris cet article je suis en burn-out depuis presque 2 ans. Un temps qui m’a permis d’observer ce phénomène d’épuisement et d’en comprendre les mécanismes. Ou en tout cas la façon dont il se manifeste pour moi. Peut-être trouveras-tu un écho de ton propre vécu si tu es ou as été en burn-out

Ce qui me fatigue et les conséquences de cette fatigue

Les facteurs aggravants de ma fatigue que je décris ci-dessous ne sont pas dus au burn-out. C’est plutôt comme si le burn-out avait amplifiée ma sensibilité.

L’activité physique même réduite : on a tendance à dire aux gens qui sont en burn-out que ça leur ferait du bien de bouger un peu, d’aller faire un tour dehors. C’est sans se douter de ce qu’est l’épuisement que les proches et certains soignants donnent ce conseil.

Lorsque je fais un effort physique (une petite marche au square d’à côté, cuisiner pour toute la famille, etc.) voici ce qu’il se passe :

  • nausées
  • vertiges, étourdissements
  • tremblements musculaires
  • essoufflement
  • suées

C’est le genre de phénomène que l’on observe après une séance de sport très très intense. Et c’est exactement ce qui se produit chez moi pour des activités jugées habituelles et banales. L’énergie disponible pour une personne en burn-out est tellement réduite qu’une simple activité du quotidien fait l’effet d’une séance de sport intensive.

Ainsi chaque effort pour « bouger un peu » ou « prendre l’air » épuise un peu plus l’organisme. Dans mon cas je me suis retrouvée parfois à devoir rester au lit toute une semaine pour avoir rendu visite à ma mère le temps d’un déjeuner. Le trajet aller + l’interaction avec ma mère + le trajet retour, j’étais complètement à plat.

Et être à plat chez moi ça veut dire :

  • plus du tout de force dans les muscles : le moindre geste paraît incroyablement lourd et pénible. Parfois, même respirer est fatiguant.
  • une grande fatigue mentale : les idées embrouillées, l’élocution difficile, des blancs dans mes idées, une grosse difficulté à fonctionner.

Dans ces cas-là une seule chose à faire : m’isoler, dormir et laisser à mon corps le temps de redémarrer.

La fatigue émotionnelle : être en burn-out quand on est hypersensible c’est ajouter à l’épuisement du burn-out, la fatigue occasionnée par le fait de capter les émotions des autres. Si quelqu’un vient me parler pour me raconter sa colère ou sa tristesse, j’ai intérêt à limiter très fermement cette interaction car elle draine mon énergie. Et si courte soit cette interaction, j’ai besoin d’un temps de récupération ensuite. Parfois, même si la personne ne me parle pas, si elle se trouve dans un état émotionnel difficile, ça peut être compliqué pour moi car je le ressens.

Je vis le même phénomène si je regarde une émission, un film, un série, où il y a du conflit, de l’hostilité, de la colère ou trop de chagrin. Autant te dire que je fuis les actualités comme la peste, mais aussi tous les programmes de type débat, horreur ou drame.

Mes propres émotions me fatiguent également. Du moins les émotions désagréables. Physiquement elles me font me sentir lourde et comme vidée de mon énergie et si je ne les apaise pas assez vite, cette lourdeur peut se transformer en symptômes désagréables :

  • maux de tête
  • bourdonnements d’oreilles
  • tachycardie
  • aérophagie ou constipation

Je dois donc éviter le plus possible, toute source de stress pour ne pas me retrouver dans ces états désagréables qui viennent s’ajouter à l’épuisement.


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La fatigue sensorielle : les bruits soudains, forts ou répétés sont une forte nuisance pour moi. Et c’est d’autant plus difficile parce que je vis dans un logement social très mal isolé phoniquement. Les lumières trop fortes sont également difficiles à supporter pour moi. Par exemple je trouve mon écran de TV trop lumineux alors je préfère regarder les films et séries sur mon ordinateur car je peux baisser la luminosité de l’écran selon mon niveau de sensibilité. C’est d’ailleurs un bon indicateur de mon niveau de fatigue car plus je suis fatiguée et moins je supporte les stimulations sonores et lumineuses. Et lorsque c’est trop pour moi je retrouve des symptômes de :

  • nausées
  • maux de tête, étourdissements
  • bourdonnements d’oreilles ou battements des tympans
  • difficultés à réfléchir et formuler des idées

La fatigue sociale : certaines personnes de mon entourage ne comprennent pas que le téléphone me fatigue. Je n’ai jamais été fan du téléphone. Je préfère largement la communication par écrit. Je trouve qu’elle impose plus de réflexion, plus de recul, et qu’elle est source de moins de malentendus.

Depuis que je suis en burn-out j’ai pris conscience de l’effort que me demande une communication orale

  • comprendre ce que l’autre essaye de me dire avec ses propres mots qui ne sont pas les miens
  • savoir quand parler et quand écouter, ne pas couper la parole, reprendre la parole quand on me l’a coupée
  • trouver les bons mots pour me faire comprendre
  • gérer le flux d’émotion qui vient de l’autre et mes propres émotions en réaction à ce que l’autre me dit ou ne me dit pas
  • il y a ceux qui parlent beaucoup et ceux à qui il faut « tirer les vers du nez » (bouh qu’elle est moche cette expression !). Dans les deux cas c’est épuisant
  • le bruit de la conversation (voir le paragraphe sur la fatigue sensorielle)

Sachant que je vis avec mes 2 enfants qui sont eux aussi en demande de communication orale, j’avoue qu’il ne me reste pas beaucoup d’énergie pour ajouter d’autres personnes à qui parler au téléphone. C’est toute une jonglerie relationnelle au quotidien, si je sais par exemple que dans la journée j’ai un rdv en visio avec le médecin ou prévu un coup de fil avec ma maman.

Ce que je n’arrive pas à faire à cause de la fatigue

Avec ce degré de fatigue tu t’imagines bien qu’il est difficile pour moi de maintenir une vie « normale ».

Il est pénible pour moi :

  • de me laver tous les jours et de continuer les soins de beauté ou d’entretien que je faisais avant
  • entretenir ma maison est devenu impossible car trop fatiguant physiquement (avant de juger l’intérieur mal rangé d’une de nos connaissances demandons-nous quel est son niveau de fatigue)
  • cuisiner est difficile du fait que je dois rester debout et me déplacer beaucoup dans l’appartement
  • pratiquer mes activités de loisirs est difficile car je suis déjà épuisée d’avoir sorti mon matériel (et je ne te parle pas du moment où il faut tout ranger)
  • il est évident que je ne peux plus sortir faire mes courses, aller au marché ou au magasin bio du coin

Ce qui me ressource et diminue les facteurs de stress

Accepter de changer mes habitudes : ce n’est pas agréable de mettre de côté ses principes. Mais j’ai constaté que lâcher prise sur mes exigence de bonne citoyenne concernée par l’environnement, me permet de retrouver de l’énergie.

Clairement l’objectif principal est de faciliter au maximum le moindre de mes gestes car qui dit moindre effort dit plus d’énergie disponible. Par exemple je me suis remise à acheter des lingettes pour nettoyer car cela réduit le nombre de gestes nécessaire pour obtenir un résultat. Heureusement il en existe maintenant qui sont biodégradable. J’ai acheté un balai Swiffer car c’est moins fatiguant que sortir le seau à ménage. Sachant que l’aspirateur me paraît peser une tonne et que je suis exsangue si je m’aventure à l’utiliser.

Ici je te donne l’exemple du ménage mais cela touche tous les domaines de ma vie. Je simplifie au maximum pour que ce soit le plus facile possible. C’est devenu un réflexe : dès que je sens que quelque chose est difficile pour moi, j’arrête tout et je me demande comment ça peut être plus facile. ça demande d’accepter de faire autrement que ce qui est bien perçu par la société ou l’entourage, et de choisir son bien-être avant tout, sans se juger tout le temps.

Accepter de respecter mon besoin de solitude : là encore c’est se confronter à ce que les autres attendent de moi mais aussi à ce que je crois devoir faire pour être une bonne personne. Le truc c’est que si je ne respecte pas ce besoin, cela revient à me sacrifier pour l’autre. Car ensuite c’est moi seule qui doit patienter pour récupérer de ma fatigue sociale ou émotionnelle et des symptômes occasionnés par trop de sollicitations extérieures.

Je dois prendre au sérieux le temps que je m’accorde et interdire à quiconque de m’interrompre pendant ce temps-là. Il en va de ma santé et de mon équilibre. C’est à force de faire l’impasse sur mon besoin de solitude et d’en écoper les conséquences douloureuses et désagréables que j’ai fini par accepter que c’était nécessaire et indispensable à mon bien-être quotidien. J’ai appris à fermer plus souvent la porte de ma chambre, à annoncer que je ne serai pas disponible pendant X temps et à respecter cet espace de solitude quotidien, peu importe ce qui se produit par ailleurs autour de moi.


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S’organiser du temps pour soi

Self-care, self-love, slow living, comment se fait-il qu’émergent depuis quelques temps, plusieurs mouvances qui nous invitent à prendre du temps pour soi, prendre soin de soi, avec douceur et lenteur ? Et si c’était le reflet d’un besoin […]

Cela m’a demandé d’accepter l’idée que d’autres personnes sont à même d’intervenir en cas de difficultés, que je ne suis pas la seule personne à pouvoir régler les problème (je souffre du syndrome de la mère poule) et que mes enfants ont toutes les ressources nécessaires pour résoudre leur propres problèmes (ils sont ado et jeune adulte).

Accepter de faire de la place au monde spirituel dans ma vie : je t’ai parlé dans mon précédent article de ma difficulté à assumer pleinement ma médiumnité. Communiquer avec l’invisible est pourtant réellement quelque chose qui me ressource.

J’y trouve beaucoup d’espoir pour ma guérison et la résolution de mes difficultés actuelle, du réconfort et des conseils (qui fonctionnent !) pour aller mieux et avancer vers une vie plus épanouissante, des explications sur les zones d’ombre de mon histoire et celle de ma lignée.

Au delà de ce que j’en retire pour mon propre épanouissement, utiliser ma médiumnité pour contacter des personnes qui ne sont plus incarnées me permet d’aider mon entourage et de me rapprocher de mon activité professionnelle que j’aime tant et que je ne peux pas exercer en ce moment. Il m’arrive parfois de faire une séance pour un.e de mes proches quand je suis vraiment en forme.
Mais la plupart du temps je pratique en solo en me faisant un tirage de carte ou en utilisant écriture inspirée lorsque ma clairaudience st suffisamment claire. Parfois aussi j’arrive à avoir des sortes de « conversations » avec mes ancêtres.

Et quand je n’ai pas la force de faire tout ça, j’essaye de me relier à cette part de moi en regardant des vidéos ou des programmes qui me rappellent que cette part du monde existe réellement, que je suis toujours entourée de mes ancêtres qui m’aiment et qui m’aident. Dernièrement je me suis passionnée pour l’émission de Tyler Henry, disponible sur Netflix. Ou encore le documentaire « Survivre à la mort » sur Netflix aussi, à propos des expériences de mort imminente et autres sujets autour de la vie au-delà du corps physique.

Accepter de faire une vraie place au monde spirituel dans ma vie m’a demandé de me distancer du jugement des autres et de mon propre jugement intérieur. Oui j’utilise ma médiumnité comme auto-thérapie, oui j’ai besoin de me relier à mes ancêtres et de recevoir leurs conseils chaque jour, voir plusieurs fois par jour. Et alors ? Qui ça dérange ? Je suis chez moi, seule avec les malaises du burn-out, alors toute activité qui peut m’amener plus de bien-être et de positivité est la bienvenue. Il m’a fallu du temps pour arrêter de lutter contre cet élan intérieur si mal perçu dans la société dans laquelle je vis. Et encore aujourd’hui je ressens parfois de la culpabilité lorsque je passe « trop » de temps avec les esprits.

Libre d’être soi, le meilleur moyen d’aller mieux

Au final ce qui me ressource est ce qui me permet d’être totalement moi et d’exprimer ma nature profonde en toute spontanéité, en toute authenticité et sans jugement. Loin des « il faut » et des « je dois » je me reconstruis plus paisiblement qu’en essayant vainement de correspondre à ce qui ferait qu’on me perçoit comme quelqu’un de bien et de raisonnable. Ce burn-out m’aura aidé à comprendre que la contrainte est l’ennemie de l’épanouissement, et à lâcher tous les masques et personnages qui me maintenaient loin de ce qui me correspond vraiment. Et je le remercie pour ça.

J’espère que cet article aura pu éclairer celleux qui souhaitent savoir à quoi peut ressembler un burn-out de l’intérieur. Bien sûr chaque expérience du burn-out est différente. Mais il y a je pense des points communs et peu de témoignage sur les sensations que l’on ressent lorsqu’on se retrouve dans cet état. Si tu en as fait l’expérience sens-toi libre de t’exprimer dans les commentaires pour partager ton ressenti personnel.

Je te dis à bientôt pour d’autre partages 💖

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